Interview de l’ancien SG adjoint  de l’UNIFFAC…

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…Christian-Gabin Nzogho Mintsa : ”Pourquoi avoir attendu  d’être au Ghana  pour rédiger  ce courrier ? ”

Le 25 avril dernier, le Congo, le Gabon et le Tchad ont décidé de ne plus prendre part aux activités de l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale.  Ils reprochent, entre autres, au président de  l’UNIFFAC, le  Centrafricain Pierre-Édouard Ngaissona, sa gestion autocratique  de l’institution. Dans l’entretien ci-dessous, le Gabonais Christian-Gabin Nzogho Mintsa, ancien SGA de l’organisme sous-régional, commente cette décision  qu’il juge dommageable  pour le développement du football dans la sous-région. Excellente lecture!

M. Christian-Gabin Nzogho Mintsa, le Congo, le Gabon et le Tchad viennent de suspendre leurs activités au sein de l’UNIFFAC. En votre qualité d’ancien secrétaire général adjoint  de l’institution, quel commentaire faites-vous de cette décision ?

J’avoue très sincèrement que cette lettre, rédigée spontanément à Accra,  en marge d’une activité qui n’a rien avoir avec l’UNIFFAC, m’interpelle à plusieurs niveaux.

En quoi le Congo et le Tchad sont-ils, seulement, aujourd’hui, concernés par les motifs évoqués ,  si ce n’est soutenir le Gabon ?  Pourquoi avoir attendu  d’être au Ghana  pour rédiger  ce courrier alors que quelques semaines auparavant, l’équipe U17 du Gabon avait été disqualifiée par le président de l’UNIFFAC,  à  Yaoundé,  après le tirage au sort,  sans qu’ aucune réaction officielle de ces pays , pourtant présents au Cameroun, ne se fassent pour condamner les agissements du président en exercice de l’institution ? La Fégafoot, a-t-elle demandé  l’avis du gouvernement avant de prendre la responsabilité de suspendre sa participation aux  activités de l’UNIFFAC ? C’est la deuxième fois  en moins  de 5ans que la Fégafoot se retire des activités de l’institution. Peut-elle assumée seule  les conséquences de son acte, sachant que l’UNIFFAC est un démembrement de la CAF ? Comment comprendre que les questions liées à cet outil communautaire  se traitent toujours loin de notre zone géographique,  en dehors du cadre légal qu’est l’Assemblée générale ?

 Pour vous, la démarche du Gabon d’entrainer le Congo et le Tchad dans son sillage est maladroite ?

Très sincèrement, je ne sais pas qui a induit qui en  erreur. Ce que je constate, c’est la légèreté avec laquelle cette décision est prise. D ‘abord en marge d’une autre activité , hors de la sous- région, loin du cadre légal, et en forme de menaces, alors que seule l’Assemblée générale est le cadre légal pour traiter les différents entre membres,  à
défaut  entre l’UNIFFAC et ses membres. De mon point de vue, depuis les agissements lointains et récents du directoire de l’UNIFFAC, jusqu’à cette correspondance , je constate trois choses :  l’UNIFFAC n’est pas respectée par ses membres. D’où   la léthargie constatée dans le football en Afrique centrale. Les responsables des fédérations ne respectent pas les textes, et le Gabon, pays du siège, ne semble pas encore avoir pris la mesure de cet outil communautaire, moteur d’une diplomatie sportive sous- régionale, qui devrait faire du Gabon, le carrefour du football en Afrique centrale.

Les trois signataires de ce courrier reprochent  au président de l’institution son autoritarisme et sa volonté manifeste de fouler aux pieds les statuts.  

 Je souhaite vivement que les querelles de personnes ne viennent impacter le fonctionnement d’un outil, encore une fois, communautaire.

 Selon vous, pourquoi la Fégafoot ne  confie-t-elle  pas le dossier du siège au gouvernement ?

 C’est une question intéressante.  Le dossier du siège de l’UNIFFAC dépasse largement les compétences d’une fédération. Il s’agit d’un  outil communautaire  qui nécessite un accord de siège, qui est du ressort exclusif du ministère des Affaires étrangères, et dans une moindre mesure du ministère des Sports.  Pourquoi  la Fégafoot ne confie-t-elle pas ce dossier aux autorités,  au lieu de vendre négativement  l’image du pays au Ghana par des actes isolés et réducteurs ?  Je n’en sais rien !

 Le mot de fin

La Fégafoot  gagnerait d’abord à faire profil bas, dans la mesure   L’UNIFFAC se trouve irrégulièrement installée  au Gabon depuis 1998,  sans accord de siège, sans locaux appropriés et dignes d’un organisme international.  Sachez que L’UNIFFAC, démembrement de  la CAF , est au dessus de toutes les associations membres.  Je déplore également le silence complice du ministère des Sports sur cette question sensible.

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