“Ils sont tous Français et fiers d’être Français”

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Avant France-Croatie/Didier Deschamps

À la veille de la finale de la Coupe du monde, où il peut, vingt ans après le 12 juillet 1998, brandir le trophée tant convoité,   Didier Deschamps, le coach des Bleus s’est livré à une ultime conférence de presse. Dernières impressions avant le moment de vérité.

Comment aborde-t-on une finale ?

Didier Deschamps : C’est déjà un immense plaisir et un privilège de jouer un tel match, il n’y a rien de plus beau et de plus fort qu’une finale de Coupe du monde. Trois mots sont importants : sérénité, confiance et concentration. Il faut un bon dosage sur les trois pour préparer au mieux ce match.

Quelles sont les différences avec l’équipe défaite en finale de l’Euro 2016 (1-0 a.p. face au  Portugal ) ?

Le groupe d’aujourd’hui est différent, quatorze de mes joueurs n’étaient pas à l’Euro. Il y a un vécu moindre, mais la qualité est là. L’équipe croate a de l’expérience en club, car ses joueurs sont déjà à maturité, et ça fait un bon moment qu’ils jouent ensemble. Mais, à chacun de nos matches, on a été confrontés à des adversaires plus expérimentés, puisque mon groupe est jeune. Neuf de mes joueurs étaient à l’Euro, ils savent très bien ce qui s’est passé, et, malheureusement, comment ça s’est fini. Ce qui s’est passé doit nous servir pour demain [dimanche]. C’est quand on a vécu une finale qu’on appréhende mieux ou différemment l’approche d’un tel match, parce qu’une finale est toujours un événement à part.

À part l’euphorie liée à la victoire contre l’Allemagne en demi-finale de l’Euro (2-0), quels enseignements y a-t-il à tirer de la préparation de la finale de 2016 ?

L’euphorie, il n’y en a pas, je ne la ressens pas, elle n’est pas là. On est satisfaits d’être là, on a conscience d’avoir le plus grand match à livrer sur l’année, ça c’est clair. C’est le résultat qui dit que les choses n’ont pas été bien faites, même si un match tient à peu de choses. Mon homologue croate Zlatko Dalic va veiller à ce que son équipe soit la plus détendue, ait le meilleur équilibre. Mais il y a une part d’irrationnel qui peut entrer en ligne de compte. Un des buts contre l’Argentine, c’est l’arrière gauche Lucas Hernandez qui centre pour l’arrière droit Benjamin Pavard qui marque d’une volée en pleine lucarne. Si je vous dis que c’est travaillé à l’entraînement, vous allez rigoler ! On est le plus pragmatique possible et, par moments, ça tient à peu de choses… Les poteaux, c’est bien quand ils sont rentrants ; quand ils sont sortants, ça fait mal [allusion au poteau sortant trouvé par André-Pierre Gignac dans le temps additionnel en finale de l’Euro 2016, NDLR].

Comment gère-t-on les tout derniers moments ?

Il faut se renouveler, surprendre par moments, même si la trame est commune parce qu’on est liés par des horaires. La journée est remplie avec différents rendez-vous. Je fais en sorte de m’adapter par rapport à ce que je ressens et ce que je vois. Il faut préparer au mieux notre propre équipe et il y a une grosse part du travail dans l’analyse vidéo des six matches de la Croatie, grâce au super travail de nos quatre observateurs.

Un mot sur Luka Modric ?

Il est très mobile, pas spécialement axial, mais il a évidemment une base technique qui a plus ou moins son équivalent de l’autre côté avec Rakitic, et une très grande intelligence de jeu. Il a une influence importante sur son équipe, pas dans le registre de Messi ou Hazard, eux c’est plus des actions individuelles, et lui c’est l’ensemble de son œuvre, même s’il est capable de marquer et faire marquer, mais il est plus milieu de terrain.

Quelles sont les différences entre disputer une finale comme joueur et comme sélectionneur ?

Il y en a beaucoup. Quand on est joueur, on est acteur, c’est ça la grande différence. Quand on est sélectionneur, on vit à travers les joueurs. Le match appartient aux joueurs, et ma réussite est liée à la leur. Quand on est joueur, c’est certainement la plus belle vie. On a une dépense énergétique, physique, alors que quand on est sélectionneur, c’est dans le domaine psychologique et mental, et cette fatigue-là est parfois plus usante.

Les nombreux joueurs d’origine africaine de l’équipe de France représentent-ils l’Afrique ?

De tout temps l’équipe de France a eu des joueurs d’origine africaine ou des pays d’outre-mer, cela a toujours été une richesse pour le foot et tous les sports français. Ils sont tous français et fiers d’être français. Par leurs origines, leur enfance, les amis, la famille qu’ils ont dans différents pays, il y a un attachement. C’est une fierté pour les personnes là-bas [en Afrique] de les voir jouer une finale de Coupe du monde.

Source : AFP.

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