Entretien exclusif avec l’ancien ailier gauche de l’AS Sogara et de l’Azingo…

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… Samuel Raouto : ” Mon plus grand regret est de n’avoir jamais joué une Coupe  d’Afrique‘ des nations ‘
 
Samuel Raouto à droite./Photo : Dr
Il fut l’un des joueurs les plus doués de sa génération. Doté d’une pointe de vitesse extraordinaire, et un sens aiguisé du drible, Samuel Raouto a fait rêver de milliers de Gabonais. Toute une histoire !  En 1986, l’AS Sogara s’incline en finale de la Coupe  d’Afrique des vainqueurs de Coupe face aux Égyptiens de  Al Ahly (0-3, 2-0).
32 ans plus tard, cette finale perdue hante toujours l’attaquant gabonais. Au cours de cet entretien exclusif  accordé à  la rédaction de Isport, l’homme  revient tout naturellement sur cette rencontre, gâchée, selon lui par l’arbitre central.  Il parle également sans détours des résultats mitigés de la sélection qui, pourtant, regorge de joueurs talentueux. A travers cette interview, la rédaction de Isport tient  à rendre un vibrant hommage  à l’exceptionnel  joueur que fut Samuel Raouto. Excellente lecture en compagnie de l’artiste !
 
Entretien réalisé par la Rédaction de Isport
 
Samuel Raouto, la  génération actuelle  ne connait  pas qui vous êtes. Pouvez-vous dire en quelques mots qui est Samuel Raouto ?
Ce n’est pas propre à l’ancien footballeur que je suis mais à l image de notre pays. Une fois votre  carrière terminée, on vous range aux oubliettes. Idem pour les anciens dignitaires de ce pays. Pour revenir à votre question,  je suis Samuel Raouto. J’ai commencé  à jouer très  jeune à Yombe 2,  mon village natal. Par la suite,  j ai continué à Saint Louis puis à Raponda Walker. Mon idole à cette époque était un certain Sam Kodjo. Rapidement j’ai intégré la sélection scolaire de Port-Gentil, puis  le Stade Mandji et la sélection provinciale. Dans la foulée,  j’ai remporté les jeux de L OGSSU et la Coupe du Gabon inter province. J’ai joué pendant longtemps avec l’AS Sogara, et fut international gabonais.
 
Incontestablement, Samuel Raouto,  pour beaucoup de Gabonais, reste le meilleur attaquant gauche du pays. C’était quoi votre force principale ?
Mon jeu etait basé sur la vitesse d’exécution. J’étais, on va dire, un joueur de rupture.
 
Avec l’AS Sogara, vous avez joué la finale perdue de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de Coupe face au  Al Ahly Sporting Club du Caire.Racontez ! Et avec  le recul, plus de 30 ans plus tard, encore des regrets ?
C’était  à la fois des moments de joie et de tristesse. Nous avions un groupe homogène et mature. Nous ne doutions de rien, car nous étions conscients  de nos qualités. Quand nous avons perdu 3-0 au Caire, face aux Égyptiens,  nous étions convaincus de renverser la situation. D’ailleurs, nous avons quasiment fait le plus difficile en menant 2-0. Mais l’incompétence de l’arbitre du Zimbabwe  en a décidé autrement.   Au Caire, notre plus grosse erreur fut  d’ouvrir le jeu au lieu de le fermer. Ce qui n’était pas dans l’ADN du club.
Equipe de Sogara./Photo: DR
Et Raouto en sélection ?
Mon plus grand regret est de n’avoir jamais joué une phase finale de Coupe  d’Afrique. A notre époque,  le mode de qualification était très rigide. Aujourd’hui, vous pouvez manquer les deux premier matchs et se qualifier par la suite.
 
Qu’est-ce qui fait la différence entre les joueurs de votre époque, et ceux d’aujourd’hui ?
Je n’aime pas faire des comparaisons. Disons simplement qu’à notre époque, la Fegafoot a tiré profit du professionnalisme des clubs qui étaient très bien structurés, en plus d’avoir de grands entraineurs. Actuellement nous avons de très bons joueurs, mais les résultats ne suivent pas. Tout simplement parce que l’équipe est dirigée ailleurs, loin de la Fegafoot.  Laissons cette institution gérer la sélection et après on pourra demander des comptes. Encore une fois je dis que cette équipe est vraiment talentueuse.
 
Comment jugez-vous les résultats actuels de notre équipe nationale ?
Pour moi, ce ne sont pas les joueurs qui sont en cause, mais la gestion de notre équipe.
 
Que devient Samuel Raouto ?
Je suis  actuellement en  service à  la mairie de Port-Gentil  j’ai  longtemps occupé le poste de chef de service sport  d’Élite. Pour la petite histoire, je suis l’un des fondateurs du Stade Mandji, club sponsorisé par la mairie. A la fin de ce mois d’octobre, je prends ma retraite.
 
Votre mot de fin
C’est triste de voir une génération aussi talentueuse sacrifiée, alors qu’on possède l’un des meilleurs footballeur  au monde, Pierre-Emerick Aubameyang.  C’est triste ! 

4 COMMENTAIRES

  1. Ohhhhh. Le grand Raouto… ça fait plaisir de vous lire. Merci encore pour cette interview vérité. Le vrai pb c’est effectivement la gestion.

  2. Dalglish ou Equata comme on le surnommait était la terreur des latéraux adverses. Il nous a livré des duels somptueux contre Delbra, Hervé Angoué, Joel Minko(alias Suzuki) …assorti d’une magnifique prestation à la coupe de l’UDEAC EN 1985. Bref, des spécimens rares comme Raouto, Makanga( alias petit jésus), Fondoko, Mabouela, Mikolo, Douka…, j’arrête d’en citer car j’ai les larmes aux yeux, sont quasi inexistants dans le plus que piètre championnat national actuel pourtant professionnel parai-il. Merci l’artiste

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