Alain Giresse : « J’ai favorisé l’expatriation de plusieurs footballeurs gabonais »

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Football/Entretien avec l’ancien sélectionneur des Panthères

Cinq ans après le lancement du championnat professionnel au Gabon, force est de  reconnaître que le football national traverse une crise profonde sans précédent. Pourquoi cette discipline, pourtant sponsorisée à coup de milliards de francs par l’Etat, est-elle toujours  au creux de la vague ?  Comment la rendre attractive et compétitive ?  Joint au téléphone depuis Paris, Alain Giresse, l’ancien coach des Panthères ‘’décrypte’’ avec lucidité les maux qui minent le football gabonais, tout en déclinant des solutions pour sortir le sport roi gabonais de la léthargie. Lecture. 

Isport : Alain Giresse, vous avez été sectionneur des Panthères de 2006 à 2010. Vous connaissez donc bien le football gabonais. Quel regard portez-vous sur ce football qui, aujourd’hui, traverse une crise sans précédent ?

Alain Giresse : Le football gabonais traverse effectivement une période difficile. Avec des  clubs non  structurés, des joueurs pas  motivés du fait des salaires impayés. Bref, les ingrédients sont réunis pour ‘’maintenir’’ ce football vers le bas. Ajouter à cela  les mauvais résultats de l’équipe nationale.  

Le diagnostic étant posé, que faire pour avoir un championnat compétitif et attractif ?

 Il faut déjà qu’il soit régulier. Le calendrier des rencontres doit être bien établi et connu de tous, des années à l’avance. S’agissant des joueurs, il faut qu’ils aient un statut que l’on respecte afin qu’ils puissent s’investir pleinement au sein de leurs clubs respectifs.

A la suite de vos propos, le développement du  football des jeunes n’est-il pas une des solutions ?

Au Gabon, il urge, plus que jamais, de mettre un accent particulier sur la formation des jeunes, en s’appuyant sur ce qui fait l’essence même du joueur gabonais, à savoir la vivacité et la technicité. Ainsi, tout au long de la formation, l’on devra préparer les jeunes à  intégrer les clubs de première division. Cela donnera une valeur technique supérieure au championnat.

Les clubs ont donc un rôle important à jouer pour élever le niveau du championnat ?

Il faut des clubs autonomes et bien structurés. C’est  incontestablement l’une des clés de la réussite. Vous comprenez alors pourquoi  le CF Mounana et l’AS Mangasport dominent les compétitions domestiques. Ainsi, après avoir dominé lesdites compétitions nationales, ces clubs doivent ambitionner l’Afrique avec des structures véritablement professionnelles. Des recrutements intelligents, des structures sportives de qualité, un staff médical composé d’experts, une cellule de recrutement irréprochable, un encadrement technique professionnel… Voilà, entre autres, les clés  du succès. 

Le championnat national n’est plus un vivier pour la sélection. Que faire ?

Il faut un championnat compétitif avec des joueurs placés dans d’excellentes conditions de travail et de vie. Un joueur ”indigent”  n’est pas motivé. Donc, sans motivation, il n’est pas dans des dispositions psychologiques pour fournir des efforts supplémentaires   lui permettant d’accéder à la  sélection nationale.


Les footballeurs gabonais semblent ne plus être tentés par l’expatriation

Il faut avoir des joueurs de haut niveau pour tenter l’aventure européenne. Le championnat de première division du Gabon regorge-t-il de joueurs expérimentés pouvant s’imposer en Europe ?  Quand j’étais sélectionneur des Panthères, j’assistais aux différentes rencontres du championnat pour repérer des talents. A cet effet, j’ai favorisé l’expatriation de plusieurs footballeurs gabonais.

Alain Giresse partant pour reprendre la sélection gabonaise ? 

J’aime ce pays qui m’a tout donné.

Vous éludez notre question ?

J’ai répondu à votre question.

 

 

 

 

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